Sports 28 novembre 2023

Jérémy Doku, l'impatient anglais

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Il est belge, il joue à Manchester City et il éblouit le stade de son talent. Kevin De Bruyne? Non Jérémy Doku. Arrivé cet été de Rennes avec un statut de jeune en devenir, il s’est imposé à une vitesse que personne n’aurait pu calculer. Ce dimanche (17:30) face à Tottenham, il aura une nouvelle occasion de briller. En direct sur VOOSPORT WORLD.

Avant la fin août 2023, le grand public voyait Jérémy Doku comme un bon joueur de football, très fort techniquement, mais fragile. Certains le classant déjà comme un espoir déchu, alors qu’il n’avait que 20 ans. Puis son transfert à Manchester City est officialisé. Fait étrange, le scepticisme fait place à l’optimisme. Car voir un tel joueur partir vers n’importe quel autre club du top européen aurait entretenu l’idée déjà conçue d’un joueur trop juste pour les sommets. Sauf qu’il rejoignait Manchester City et surtout Pep Guardiola, et cela change tout.

Muscle ton jeu

Après l’euphorie, les premiers doutes s’installent tout de même. Mais que va faire un joueur si fragile dans l’un des championnats les plus physiques au monde ? Sur ces deux dernières saisons à Rennes, l’ailier belge a manqué 30 matches pour cause de blessure (et uniquement en championnat). Ce qui a eu le don de semer le doute sur son futur de footballeur. Mais un déclic a eu lieu. D’abord dans sa tête. « Je ne m’entraîne pas différemment », a-t-il expliqué lors d’une des dernières fenêtres internationales. « Je n’ai plus été blessé depuis mars. Les blessures sont liées à mon profil et à mon style de jeu. Je connais mieux mon corps maintenant et cela m’aide à éviter les blessures ». Mais aussi avec son corps. Il paraît clair que le haut et le bas de son corps sont plus équilibrés. Souvent miné par des blessures aux ischios, son physique a été remodelé pour répondre aux exigences du haut niveau. Nul doute que le staff d’experts à Manchester City n’y est pas étranger non plus. D’ailleurs, il a pu participer à tous les matches de City dans toutes les compétitions cette saison, hormis la troisième journée de championnat où il venait d’arriver. Ce qui n’empêche pas Guardiola de bien gérer son temps de jeu en ne le faisant pas terminer tous les matches.

Un physique que connait bien un ancien coéquipier de Rennes. « Contre Jérémy, c’est presque impossible de défendre », a expliqué Arthur Théate. « En un contre un, ce n’est pas possible de l’attraper. Tu n’y arrives pas. Tu dois essayer de le ralentir ou de faire quelque chose, mais lui prendre la balle, c’est très compliqué. Il a une grosse masse musculaire et en plus de ça il protège très bien son ballon. Cela, mélangé à la technique. Défendre contre lui, c’est très très très difficile. Il n’y en a pas deux dans le monde avec son profil, il est vraiment unique. À City, ils savent pourquoi ils l’ont transféré ».

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Le dribbleur fou

Ce qu’ils savaient déjà, c’est que Doku était un dribbleur hors pair. Déjà auteur de nombreux records à Rennes et en Ligue 1, il est en train de les enchainer en Premier League également. Lors de la saison dernière, par exemple, Opta nous révélait que Jérémy Doku était le troisième joueur à avoir réussi le plus de dribbles dans les grands championnats. Avec 96 dribbles réussis, il n’était devancé que par Vinicius (112) et Lionel Messi (102), le tout en manquant beaucoup de match. Il avait aussi le meilleur taux de dribbles réussis (60%) soit un ratio de 6,7 par matches. Loin devant Vinicius (3,6).

Une envie de dribbler qui ne date pas d’hier. À Anderlecht, où le joueur a été en grande partie formé dès ses 10 ans (entre 2012 à 2020), il avait déjà fait part de son amour pour le dribble. « C’était un jeune joueur, il n’avait pas encore compris qu’être décisif nécessitait de donner la dernière passe ou de marquer un but », explique Karim Belhocine, T2 chez les Mauves lors de la première saison professionnelle de Doku. « Un jour, je lui ai demandé : Qu’est-ce qui te fait rêver dans le foot ? Il m’avait répondu : Je veux tuer mon adversaire, il doit me détester. Il préférait dribbler que marquer. Mais il l’avait dans les jambes, il était adroit à l’entraînement, il a juste eu besoin d’un déclic mental. » Le ton était donné.

Cette saison, en 10 matches de Premier League à peine, il collectionne déjà les records. Pas plus tard que samedi dernier face à Liverpool (1-1), il a réussi onze dribbles (sur seize tentés), une première pour un adversaire de Liverpool depuis la saison 2006-2007. De manière plus générale, sur 90 minutes, il est le joueur qui essaye le plus de dribble (10,64) et qui les convertis le mieux (6,02). En Ligue des Champions aussi, contre les Young Boys, il a réussi six dribbles alors qu’il est monté au jeu pour moins d’un quart d’heure. Seulement deux joueurs en ont enregistré davantage, mais pour eux c’était sur une rencontre entière.

« Ses qualités sont exceptionnelles dans les seize derniers mètres », s’amuse Pep Guardiola « Je lui dis toujours : va dribbler ! De nos jours, il est de plus en plus difficile de trouver des joueurs capables de faire la différence dans les petits espaces. Il a ces qualités. Et c’est l’un des joueurs les plus rapides sur les cinq ou six premiers mètres. C’est une menace énorme ». C’est d’ailleurs le même Guardiola qui, à la télévision espagnole l’année dernière, faisait remarquer que l’art du dribble était en déclin. « Aujourd’hui, le football est en train de perdre le dribble », a-t-il déclaré. « Sans joueurs qui dribblent, on ne peut rien faire ». Et l’arrivée de Doku est une raison supplémentaire qui montre que Guardiola cherche à diversifier sa façon de jouer.

En effet, comme le résume le Guardian, Pep avait tendance à brider ses joueurs frissons. « Pep Guardiola a pris l’habitude d’entraîner les joueurs de Manchester City pour qu’ils ne s’amusent pas. Riyad Mahrez et Jack Grealish en sont deux excellents exemples. Ils étaient imprévisibles et excitants lorsqu’ils sont arrivés respectivement de Leicester et d’Aston Villa. Au fil du temps, ils sont devenus des joueurs de système, le style strict de Guardiola les poussant à servir le collectif plutôt qu’à exprimer leur individualité. » Et comment lui donner tort vu les résultats de Manchester City ces dernières années ? Sauf que Jérémy Doku fait figure d’exception.

Bluesky is the limit

Lorsque l’ailier belge est arrivé cet été, on aurait pu s’attendre à ce qu’il passe sa première année à s’adapter aux exigences de Guardiola. Comme il l’avait fait avec Mahrez et Grealish, qui étaient devenus de meilleurs joueurs de collectif au fil des semaines. Mais, avec Doku, Pep semble avoir « opté pour le chaos plutôt que pour son contrôle habituel ». Quand on connait la rigueur du manager, même de manière générale dans le football actuel, demander à un joueur de prendre le risque de perdre la balle pour effectuer un dribble est devenu compliqué. Mais dans certaines circonstances, il peut s’avérer plus clément. « Je n’aime pas que les joueurs dribblent sur 60 mètres, mais s’ils sont dans les 18 mètres, qu’ils prennent un risque. Ils savent qu’ils ont toute latitude dans cette zone pour prendre les décisions qui s’imposent – et en général, il prend les bonnes décisions », expliquait récemment Guardiola. Traitement de faveur ? Non, une utilisation optimale des armes à sa disposition.

Au-delà de ses statistiques, c’est son niveau général qui est agréablement surprenant. Directement placé dans la peau d’un quasi titulaire indiscutable (bien qu’il ait profité des blessures de quelques-uns de ses coéquipiers), il s’est montré buteur après son deuxième match en championnat seulement et a marqué les esprits avec sa performance face à Bournemouth (1 but, 4 assists). En 16 matches toutes compétitions confondues, il a marqué 3 buts et donné 6 assists. Une adaptation éclair qui surprend d’autant plus qu’elle s’est faite dans un club qui vient de gagner le titre et la Ligue des Champions. En effet, les recrues de City mettent généralement un certain temps à s’installer, les joueurs ayant besoin de temps pour s’adapter aux exigences de Guardiola. Mais comme évoqué plus haut, sa vitesse offre au technicien espagnol un mode d’attaque différent, car il prend souvent le chemin le plus direct vers le but, en apportant de la folie. Les débuts ayant été réussis, on doit donc se demander quelle est l’étape suivante ? Difficile à dire. Demeurer à son niveau actuel serait déjà une belle performance, mais on pourrait lui demander de marquer plus de buts afin d’encore un peu plus marquer les esprits. Mais chaque chose en son temps.

Un statut d’étoile montante à confirmer ce dimanche 17:30 face aux Spurs. Un match à suivre en direct sur VOOSPORT WORLD.

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